De l’importance de se former en Eglise

Cet article est paru en avril et mai 2016 dans le Bulletin de Liaison du Catéchuménat. Le père Philippe Marxer nous parle de l’importance de la formation dans l’Église.

Il est sans doute inutile de relever le fait que la société actuelle est de plus en plus exigeante et que des formations de base ne suffisent plus ou ne sont plus en mesure de répondre aux besoins d’un monde en changement perpétuel. C’est pourquoi, depuis les années 1970, est apparu le concept de formation continue en ce sens qu’elle couvre de l’enfance jusqu’à la vieillesse.

Pédagogie et andragogie sont venues spécifier le type de formation offert aux différents âges. Sans contester l’importance de la formation de base dont le but est de développer la capacité de dialoguer, analyser, organiser, planifier, décider, c’est dans l’exercice de sa mission de catéchiste que tout chrétien prend conscience (ou devrait prendre conscience) de son besoin de formation permanente.

Pourquoi apprendre ? Quels sont les domaines de l’apprentissage qui méritent le plus d’attention ? Quels sont les points faibles de mon éducation chrétienne ?

L’Église a adopté depuis longtemps le mouvement pédagogique de formation continue en le considérant comme une nécessité pour former à une nouvelle attitude. Mgr Garrone disait qu’« il ne faut pas hésiter à analyser les causes de la situation générale du monde qui va bien au-delà des problèmes particuliers de l’Église. Nous devons nous efforcer de l’expliquer et d’en déceler les causes pour pouvoir ensuite identifier les remèdes ». Même si cette réflexion s’adressait en priorité aux prêtres, on peut aisément la transposer aujourd’hui aux laïcs qui assument des tâches de transmission du message chrétien. L’enjeu est bien de pouvoir offrir un témoignage de vie authentique pour répondre à l’élan évangélisateur souhaité dans le monde d’aujourd’hui.

Que faut-il entendre par formation permanente ? Un ensemble d’idées, d’expériences et de réalisations destinées à donner une éducation au sens plein du terme, en tenant compte de tous ses aspects et de toutes ses dimensions, et qui n’oublie pas d’articuler de manière étroite et organique moments et étapes successives. Cette définition, empruntée au rapport mondial sur l’éducation réalisé par l’UNESCO en l’an 2000, part du principe qu’il n’y a pas d’âge pour l’éducation. Tous les hommes et toutes les femmes doivent avoir les mêmes chances de recevoir une formation appropriée. Si bien qu’éducation permanente et apprentissage permanent sont devenus le principe de base d’une nouvelle mentalité éducative où il s’agit d’apprendre et d’acquérir un savoir, un savoir être, un savoir-faire, et un savoir devenir. Soyons conscients, cependant, que former signifie donner ou se donner une forme. Il indique une activité qui consiste à façonner, à compléter ce qui était précédemment sans forme ou incomplet. Le mot éducation, en revanche, se réfère à la promotion de la personne et à sa maturité à travers la transmission de valeurs, principes et orientations. L’éducation nécessite toujours une dimension d’accompagnement dont le but est la communication de ces valeurs. En catéchèse et plus encore en catéchuménat, cette notion d’accompagnement qui permet l’éducation de quelqu’un est prioritaire. Permettre à un candidat ou un catéchumène d’ajuster sa vie aux préceptes évangéliques nécessite un service de ce type.

Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes appelés à promouvoir tous les moyens et instruments en vue de notre croissance personnelle. Nous ne pouvons pas vivre pleinement notre mission de chrétien si nous n’avons pas un projet de vie qui anime notre être et notre agir dans l’Église. Nous sommes bien au service d’une mission dans chacune des expériences que nous vivons et pour reprendre la vision d’hommes spirituels qui nous ont précédés : la médiocrité n’y a pas de place. Aussi est-il important de proposer une formation humaine spirituelle, intellectuelle et ecclésiale à toutes celles et ceux qui s’engagent à servir l’Église dans ce monde avec une attitude la plus ajustée qui soit.

Que demande « apprendre à apprendre » ?

Toute formation, qu’elle soit permanente ou non, requiert une disponibilité. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’apprendre de la vie, d’apprendre de chaque situation et de chaque relation humaine. Un tel exercice suppose que nous pratiquions pour nous-mêmes ascèse, prière, discernement, examens ; que nous acceptions une vérification communautaire de ce qui est appris. L’enjeu est de permettre à notre identité croyante de s’approfondir dans une fidélité à notre vocation tous les jours, jusqu’à la fin de notre vie. On pourrait dire que cet enjeu de formation est celui d’une liberté intelligente et permanente qui se laisser façonner par la vie pendant toute la vie. Le processus est donc lent et progressif et l’Esprit Saint ne saurait être oublié car son action est bien de nous conformer au cœur du Christ. L’attitude requise engage la totalité de notre être et de notre agir, avec pour horizon la mission que nous avons à remplir. Tout bien considéré, apprendre à apprendre est plus qu’un simple prolongement de formation que l’on aurait vécu antérieurement et qui consisterait à suivre quelques modules en complément. Pour apprendre à apprendre, nous avons à cultiver la liberté de devenir peu à peu des femmes et des hommes capables d’engager nos vies pour en devenir les acteurs principaux, les protagonistes de nos histoires. Cette liberté délivre de bien des idéologies et permet de nouer des relations fécondes avec Dieu et avec tous les hommes jusqu’à découvrir ce qui nous empêche de suivre le Christ dans certaines situations. C’est une attitude qui aide à prendre au sérieux ce que nous sommes, librement et de manière responsable. Tout dépend donc du désir de chacun de se laisser transformer intérieurement afin d’être dans une docilité qui permet d’intégrer toute formation à l’expérience vécue. L’apprentissage de cette docilité a pour objectif d’aider chaque personne à s’incorporer davantage dans L’Église en donnant les compétences nécessaires pour répondre aux défis actuels de la mission de la meilleure façon possible.

Ces deux paramètres servent de mesure quant aux progrès de tout candidat dans son parcours de motivations, besoins, habitudes et pratiques. On pourrait dire qu’il y a, par la formation, un édifice à construire en chacun ; construction qui demande de concentrer son attention sur le discernement personnel et pas seulement sur les contenus appris ou à apprendre. C’est ainsi que l’on devient capable de tirer profit des échecs subis, de traverser les crises que l’âge occasionne en développant une attitude positive jusqu’à l’action de grâces. C’est ainsi aussi que l’on se rend ouvert à la relation aux autres en leur témoignant toujours plus de respect et d’admiration. Les peurs, les prétextes de toutes sortes, les distorsions et attentes irréalistes sont écartés afin de toujours se laisser éduquer et former par la vie pendant toute la vie.

P Philippe Marxer

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