Trisomie 21 : et à l’adolescence ?

11 juillet 2010: Atelier dessin lors du festival Let's be different organisé par l'OCH, l'Arche, A bras ouverts et Foi et Lumière. Jambville (78), France. July 11rst, 2010: festival Let's be different organised by the OCH, the Arche, A bras ouverts and Foi et Lumière. Jambville (78), France.

L’adolescence et la puberté, vont être marquées pour les personnes atteintes de Trisomie 21, par les mêmes questions et préoccupations que chez les autres jeunes, quelquefois de manière un peu décalée dans le temps.

Il est souhaitable de lire au préalable l’article : le point sur la trisomie 21

et Comment se comporter avec un enfant atteint de trisomie 21 ?

Les grandes questions qui marquent cette période :

– La quête de l’identité

Qui suis-je ? Que vais-je devenir ?

Permettre au jeune de bien comprendre ses origines, sa filiation l’aidera à mieux se situer comme personne et dans sa relation avec les autres.

– L’image du corps

Le jeune peut ne pas se reconnaître dans le corps qui subit des transformations. Plus encore que chez l’adolescent en général, le jeune atteint de trisomie aura des difficultés avec son image du corps.

– La prise de distance par rapport aux parents

Se construire en quittant l’image idéale que l’on a de ses parents représente une grande difficulté pour le jeune trisomique. Cette étape peut demander un travail sur la séparation. Cela peut commencer de manière très concrète : les parents frappent avant d’entrer dans la chambre du jeune, l’adolescent frappe à la porte de la chambre de ses parents avant d’entrer.

– L’affectivité et la sexualité

Aborder ces questions avec les jeunes trisomiques sera d’autant moins difficile qu’elles auront été envisagées dès le jeune âge, comme avec les autres enfants. En effet, la sexualité se construit dès la naissance, et il convient d’en discuter avec toutes les questions qui concernent un jeune homme ou une jeune femme en devenir. La sexualité s’aborde comme une affaire d’identité et de désir, avant d’être une « pratique ».

Pourtant, une idée communément admise peine à disparaître qui consiste à penser que le jeune trisomique restera un grand enfant. Cette manière de penser entrainera des complications quand il s’agira d’aborder la sexualité.

Quand les relations affectives et la sexualité sont autorisées, elles déboucheront souvent sur le désir de procréer.

Les parents acceptent plus volontiers aujourd’hui l’idée de relations affectives pour leurs enfants, mais ils sont en général unanimes à craindre la survenue d’une grossesse.

Et si la revendication du droit à la procréation demande à être prise au sérieux, il est aisé de comprendre pourquoi les parents souhaitent l’abandon d’un tel projet, tant sont nombreuses les difficultés à surmonter en cas de naissance.

Ces projets de vie de couple et de désir d’enfant des personnes trisomiques restent très difficiles à aborder. Ils renvoient à la question de la différence, à la question de l’insertion sociale, et débordent largement le cadre familial. Aujourd’hui le dialogue s’instaure de plus en plus avec les personnes concernées.

Pour aller plus loin :

  • La fédération Trisomie 21 et le Groupe d’Etude pour l’Insertion Sociale des personnes porteuses d’une Trisomie 21 (GEIST 21)
    Site web : http://www.trisomie21-france.org
  • Mon enfant est trisomique, Collection Déclic : Mon enfant, 28€
  • Accompagner l’enfant trisomique, Denis Vaginey, Éd Chronique sociale 2006

L'article de référence

  • Vrai regard

    Points de vigilance pour aborder le handicap en catéchèse

    Pour aller à la rencontre, pour aimer ceux que nous sommes amenés à accompagner en « handicatéchèse » (PCS), il faut s’adapter aux personnes, à leurs capacités et à leurs attentes. Ce dossier réalisé en nous appuyant sur les travaux du Dr Marie-Jeanne Mattlinger, du Conseil national de la pastorale des personnes handicapées (pph), voudrait vous aider à apprendre à mieux connaître ces personnes et donc à connaître quelques données de leur(s) handicap(s). La bonne volonté ne suffit pas.