Une mystagogie autour de la prière de bénédiction de l’eau baptismale

immersion cierge pascal

3 avril 2010 : Le P. Henri EKOFO, prêtre congolais (Congo-Kinshasa) en mission en France immerge le cierge pascal dans l’eau bénite lors de la veillée pascale, égl. de Saint-Nicolas d’Aliermont, Seine-Maritime (76), France.

La prière de bénédiction de l’eau du baptême, une histoire sainte à méditer. Une proposition de célébration mystagogique à vivre avec les néophytes.

Le dernier temps de l’initiation, celui de la mystagogie, « conduire dans le mystère », prend sa place après la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne durant le temps pascal. (RICA n°236)

Renouvelés par le baptême, les néophytes, revisitent les sacrements qu’ils ont reçus lors de la vigile pascale lors de catéchèses au sein de la communauté chrétienne. Ce temps permet aux néophytes une insertion dans la communauté des fidèles et un affermissement de leur vie chrétienne.

On invitera à entrer dans ce temps par un signe de croix.

Chant1

J’ai vu l’eau vive jaillissant du cœur du Christ, alleluia !
Tous ceux que lave cette eau seront sauvés et chanteront : alleluia !
Alleluia, alleluia, alleluia !

Introduction

La nuit de Pâques, l’eau, créature de Dieu, a été bénie avant que les futurs baptisés y soient plongés (ou qu’elle soit versée sur la tête des futurs baptisés) ; cette prière de bénédiction adressée à Dieu le bénit pour les actes de salut qu’il a accompli au moyen de l’eau durant toute l’histoire du salut ; on le supplie de continuer aujourd’hui, par l’eau du baptême, son œuvre de salut. (RICA n°216)

A travers toute l’histoire, coule l’eau « créature très utile, humble, précieuse et chaste », dit saint François d’Assise, apparue dès les origines du monde pour révéler ce que serait la grâce du baptême.

La prière de bénédiction de l’eau baptismale

Écoutons à nouveau cette prière de bénédiction de l’eau baptismale2

« Dieu, dont la puissance invisible accomplit des merveilles par les sacrements, tu as voulu, au cours des temps, que l’eau, ta créature, révèle ce que serait la grâce du baptême.

Dès les commencements du monde, c’est ton Esprit qui planait sur les eaux pour qu’elles reçoivent en germe la force de sanctifier.

Par les flots du déluge, tu annonçais le baptême qui fait revivre, puisque l’eau y préfigurait également la fin de tout péché et le début de toute justice.

Aux enfants d’Abraham, tu as fait passer la mer Rouge à pied sec pour que le peuple d’Israël, libéré de la servitude, préfigure le peuple des baptisés.

Ton Fils bien-aimé, baptisé par Jean dans les eaux du Jourdain, consacré par l’onction de ton Esprit, suspendu au bois de la croix laissa couler de son côté ouvert du sang et de l’eau ;

et quand il fut ressuscité, il dit à ses disciples :

« Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Maintenant, Seigneur notre Dieu, regarde avec amour ton Eglise et fais jaillir en elle la source du baptême.

Que cette eau reçoive de l’Esprit Saint la grâce de ton Fils unique afin que l’homme, créé à ta ressemblance, et lavé par le baptême des souillures qui déforment cette image, puisse renaitre de l’eau et de l’Esprit pour la vie nouvelle d’enfant de Dieu.

Le célébrant touche l’eau de la main droite et continue.

Il peut aussi plonger le cierge pascal dans l’eau une ou trois fois au moment où il dit :

Nous t’en prions, Seigneur : Par la grâce de ton Fils, que vienne sur cette eau la puissance de l’Esprit Saint afin que tout homme qui sera baptisé, enseveli dans la mort avec le Christ, ressuscite avec lui pour la vie. Car il est vivant pour les siècles des siècles. »

On pourra distribuer ou projeter la prière de bénédiction après l’avoir lue.

Réflexion et échange

L’animateur invite à un temps de réflexion seul ou à plusieurs puis d’échange à partir des questions suivantes :

  • Avez-vous repéré un ou des épisodes de l’histoire du salut ?

Chacun pourra citer un épisode.

  • Quels épisodes de l’Ecriture où l’eau est présente pourrions-nous rajouter ?

Suggestions : Moïse dont le nom signifie « sauvé des eaux », Jonas, l’eau sortant du Rocher au désert (Ex 17,6), la traversée du Jourdain avec l’Arche pour l’entrée en Terre promise (Jos 3, 14-17 et 4), l’eau jaillissant du côté du Temple (Ez 47,1-12), la guérison de Naaman (2R 5, 1-14), Jésus apaise la tempête (Mc 4, 35-41), Jésus marche sur l’eau (Mt 14, 24-33), la Samaritaine (Jn 4, 5-42), …

  • Comment la présence de Jésus Christ est-elle soulignée dans la prière et dans les gestes ?
  • Quelle relation voyons-nous entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint ?
  • Et vous, comment entrez-vous dans cette histoire Sainte de Dieu avec les hommes ?
  • (on n’exprimera pas à haute voix le fruit de sa réflexion) Et vous, qui avez été plongé avec le Christ dans sa mort et sa résurrection, quelles difficultés avez-vous traversées avec lui ? Qu’avez-vous laissé de votre ancienne vie ? Que voyez-vous de nouveau dans votre vie, perceptible ou discret ? Identifiez-vous à quoi vous êtes appelé ? dans votre famille ? dans votre milieu professionnel ? dans votre regard sur la vie ?

Catéchèse de Jérusalem aux nouveaux baptisés

On pourra lire la catéchèse de Jérusalem aux nouveaux baptisés (IVe s.) tirée de l’Office des lectures du Jeudi dans l’Octave de Pâques.

Baptisés dans la mort et la résurrection du Christ.

« Vous avez été conduits par la main à la piscine du baptême, comme le Christ est allé de la croix au tombeau qui est devant vous.

On a demandé à chacun s’il croyait au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit. Vous avez proclamé la confession de foi qui donne le salut et vous avez été plongés trois fois dans l’eau, et ensuite vous en êtes sortis. C’est ainsi que vous avez rappelé symboliquement la sépulture du Christ pendant trois jours.

De même, en effet, que notre Sauveur a passé trois jours et trois nuits au cœur de la terre, c’est ainsi que vous, en sortant de l’eau pour la première fois, vous avez représenté la première journée du Christ dans la terre ; et la nuit, en étant plongés. Celui qui est dans la nuit ne voit plus rien, tandis que celui qui est dans le jour vit dans la lumière. C’est ainsi qu’en étant plongés comme dans la nuit vous ne voyiez rien ; mais en sortant de l’eau vous vous retrouviez comme dans le jour. Dans un même moment vous mouriez et vous naissiez. Cette eau de salut est devenue à la fois votre sépulture et votre mère.

Ce que Salomon dit à un autre sujet pourrait s’appliquer à vous : Il y a un temps pour enfanter, et un temps pour mourir. Mais pour vous c’était l’inverse : un temps pour mourir et un temps pour naître. Un seul temps a produit les deux effets, et votre naissance a coïncidé avec votre mort.

Chose étrange et incroyable ! Nous n’avons pas été véritablement morts ni véritablement ensevelis, et nous avons ressuscité sans être véritablement crucifiés. Mais si la représentation ne réalise qu’une image, le salut, lui, est véritable.

Le Christ a été réellement crucifié, réellement enseveli, et il a ressuscité véritablement. Et tout ceci nous est accordé par grâce. Unis par la représentation de ses souffrances, c’est en toute vérité que nous gagnons le salut.

Bonté excessive pour les hommes ! Le Christ a reçu les clous dans ses mains toutes pures, et il a souffert ; et moi, qui n’ai connu ni la souffrance ni la peine, il me fait, par pure grâce, participer au salut !

Personne donc ne doit penser que le baptême consiste simplement dans le pardon des péchés et la grâce de la filiation adoptive ; il en était ainsi pour le baptême de Jean, qui ne procurait que le pardon des péchés. Mais nous savons très précisément que notre baptême, s’il est purification des péchés et nous attire le don de l’Esprit Saint, est aussi l’empreinte et l’image de la passion du Christ. C’est pourquoi saint Paul proclamait : Ne le savez-vous pas ? Nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été mis au tombeau avec lui par le baptême. »

On pourra terminer en se signant avec de l’eau, rappel du baptême.

« Que cette eau nous rappelle notre baptême, et nous fasse participer à la joie de nos frères les baptisés de Pâques. Par Jésus le Christ notre Seigneur. »

Amen

Chant

2 – J’ai vu la source devenir un fleuve immense, Alléluia !

Les fils de Dieu rassemblés Chantaient leur joie d’être sauvés, Alléluia !

Alleluia, alleluia, alleluia !

3 – J’ai vu le temple désormais s’ouvrir à tous, Alléluia !

Le Christ revient victorieux Montrant la plaie de son côté, Alléluia !

Alleluia, alleluia, alleluia !

4 – J’ai vu le Verbe nous donner la paix de Dieu, Alléluia !

Tous ceux qui croient en son nom Seront sauvés et chanteront Alléluia !

Alleluia, alleluia, alleluia !

1. (CFC (s. Marie-Pierre) ©CNPL NJ 1973 LMH LJ PTP)

2. RICA n°216 et Missel romain n°42

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