Toute la musique que j’aime : Toi aussi, deviens une star !

28 juillet 2013 : Réveil sur la plage de Copacana le jour de clôture des JMJ 2013. Rio de Janeiro, Brésil. July 28, 2013 : Early morning on Copacabana's beach, on the last day of WYD 2013. Rio de Janeiro, Brazil.Grâce au web, chaque musicien en herbe peut espérer vivre son quart d’heure de gloire. Avec le numérique mais aussi l’essor de la téléréalité, le tempo actuel s’accélère en musique : de l’autopromotion à l’autoproduction, en passant par le financement participatif. Mais, pour les ados, est-ce toujours en mesure ?

(Complément d’Actu au n° 230 d’Initiales,« Toute la musique que j’aime »)

« 15 minutes de célébrité », c’est la prédiction de l’artiste Andy Warhol, qui semble se réaliser aujourd’hui. En tout cas, les ados y croient. Et nombreux sont-ils à dire : « Quand je serai grand, je serai star ». Peut-être le monde du spectacle parait-il plus accessible ? Star Ac’, Pop Stars, Nouvelle star, The Voice… Avec les émissions télévisuelles de radio crochet, chacun semble avoir sa chance, au moins d’être entendu, sinon écouté, voire apprécié pour sa singularité et ses prouesses vocales. Quand certains candidats viennent pour se montrer (les casseroles et autres inoubliables alimentent d’ailleurs les bêtisiers, et font grimper l’audimat, d’abord du petit écran, puis sur la toile, en replay), d’autres se découvrent au moment des castings des ressources artistiques, alors même qu’ils n’ont pas 20 ans.

Etoiles naissantes … ou filantes ?

On se souvient des débuts de la chanteuse Jenifer, finaliste de Graines de star (sur M6) à 16 ans, et gagnante de la Star Ac’ saison 1 (diffusée alors sur TF1) à 19 ans. Plus récemment, de jeunes têtes ont investi l’écran. Sophie-Tith, gagnante de la Nouvelle star 2013 (diffusée sur D8) n’a que 16 ans. Parmi les filles du groupe The Mess, qui vient de remporter Pop Stars 2013 (diffusée aussi sur D8), Mégane a 17 ans. Sur le plateau de The Voice, Laura Chab, du haut de ses 17 ans, aura retenu l’attention des coachs jusqu’en quart de finale, tandis que la voix originale et le chant lyrique de Pierre G., 18 ans, a séduit le coach chanteur Florent Pagny. Mais ces étoiles ne sont-elles pas pour autant poudre aux yeux ? Que nous disent ces célébrités éphémères de l’œuvre du temps, de la persévérance, de la reconnaissance ? Rares sont celles qui font encore entendre leur voix, quelques années après. A moins de s’être bien entourées et d’avoir beaucoup travaillé, beaucoup, filantes, sont tombées dans « l’enfer du décor », l’anonymat. Le rêve de gloire semble s’être envolé…

Musique : partager pour être plébiscité ?

Mais devenir une star, ce n’est peut-être pas ce que cherchent tous ces artistes amateurs, désireux de partager leur passion. Pas besoin de paillettes et de projecteurs, le casting peut avoir lieu désormais depuis son propre salon ou dans son garage. Avec le numérique, l’autoproduction est facilitée : un ordi, un ampli et un instrument, et voilà un « homestudio » prêt à délivrer de purs sons, souvent rock et électro. Après, il s’agit de se faire entendre. Bien sûr la musique s’écoute encore (en radio, ou sur Myspace, Soundclound, Jamendo, Deezer…), mais surtout, aujourd’hui, elle se regarde, s’échange et se commente (sur Dailymotion, Vimeo, Instagram …). Et les internautes musiciens s’en donnent à cœur joie et publient leurs prouesses artistiques, dans l’espoir d’être simplement visionné, sinon plébiscité par le public. Si celui-ci aime, il écoute, il « like » ; s’il n’aime pas, il zappe. La musique dématérialisée se laisse en effet plus facilement découvrir, voire partager. Le P2P (peer to peer, de personne à personne) est un vecteur de découverte pour un collégien sur 3 (d’après l’enquête sur les pratiques musicales des collégiens en 2010). Bouche-à-oreille d’aujourd’hui, les réseaux sociaux se chargent donc de l’autopromotion. Une page Facebook et une diffusion sur Youtube ou Spotify, et les jeunes artistes auront peut-être quelques opportunités d’être écoutés. Et pourquoi pas d’emporter la foule, en faisant danser, comme Lorie en 2001, première artiste soutenue d’abord par les internautes avant les maisons de disque (avec son titre « Près de moi » téléchargé 15 000 fois en 2 mois sur peoplesound.fr) ? Ou, qui sais, de faire changer le monde, comme les trois groupes lauréats du concours Chante ta planète 2013, celui de Bourg-en-Bresse (prix du public), de Ploërmel (prix « Collège ») et d’Étampes (prix « Lycée »), qui ont pu enregistrer avec les Twin-Twin le clip officiel de Bouge ta planète.

Le « buzz » donne-t-il le « la » ?

Faire participer la foule, c’est littéralement ce que proposent les sites de « crowdfunding », tels que My major compagny (label musical communautaire), Ulule (site de financement participatif européen)… Grâce à ce mode de financement participatif des internautes-mécènes, les artistes peuvent trouver du soutien à leur projet artistique, en échange de contreparties symboliques. Le « buzz » peut donner le « la » : des projets plus pertinents que grandiloquents peuvent exister. Par exemple, le Mouvement eucharistique des jeunes a proposé aux internautes cet été 2013, sur le site Kiss Kiss Bang Bang, de participer à la réalisation de son nouvel album et à l’organisation d’un concert inédit. Artistes, auditeurs, spectateurs, chacun donne à sa mesure. Et toute la musique peut résonner et continuer de nous étonner. Car, comme l’espérait le compositeur Herctor Belioz, « Ah ! quel talent je vais avoir demain. » Surprise dans les cœurs, pourvu que ce soit bien lui qui demeure !

 

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  • Toute la musique que j’aime – Initiales n°230

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