Accompagner et discerner au catéchuménat

Matins d'Evangile dépliéFiche extraite du « supplément pédagogique pour les accompagnateurs » du document « Rencontre avec Jésus le Christ » Collection Matins d’Evangile.

Qu’est-ce que discerner ?

L’étymologie du verbe permet d’en saisir la portée opérationnelle. En grec, c’est l’activité de la sentinelle qui « fait le guet » à la porte du rempart ou du palais pour filtrer les entrées. Cela consiste à observer, scruter, voire mettre à l’épreuve la personne qui se présente pour accéder ou non à sa demande. Le sens évoluera vers « approuver, reconnaître apte, juger bon ». L’opération suppose de s’interroger sur la valeur de quelqu’un (ou de quelque chose) de prendre les moyens de vérifier, d’autoriser.

Le discernement est lié à l’accompagnement

Pourquoi ? Parce que l’accompagnateur est le guide, persuadé que la vie chrétienne est une vie selon l’Esprit et que là où est l’Esprit de Dieu, une vraie liberté peut se déployer. De ce fait, il aura à cœur :

• d’accueillir la personne avec toute son humanité. En lui permettant de repérer les traces de l’Esprit, elle pourra ajuster son agir à cette source en elle,

• de proposer, en conséquence, une manière de faire : écoute de la Parole de Dieu, relecture de vie…

• de mettre en lumière « ce à quoi la personne tient » et ce qui « la fait tenir ». Un apprentissage du discernement est à faire, entre les pensées qui révèlent le meilleur de soi-même et celles qui troublent,

• de révéler les ruses de « l’ennemi » : ce qui est porteur de vie et qui l’attaque, ce qui inquiète, etc. L’ennemi ou l’adversaire de la nature humaine est souvent dans la répétition. Dieu se manifeste dans l’inattendu. Un tel accompagnement suppose de pouvoir tout entendre sans gêne particulière afin de pouvoir parler et ne pas être complice en voulant rassurer, par exemple. Bien entendu, la confidentialité est primordiale ainsi que savoir s’effacer. Sachant qu’une vraie décision – ce choix de devenir chrétien- ne peut être posée qu’en étant reçue de Dieu, il est bon, pour le candidat ou le catéchumène :

• de reconnaître que Dieu s’est donné à lui, que Dieu l’aime. Rappelons-nous la parole du Christ : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16),

• de savoir se dessaisir de ses projets pour s’ouvrir à celui de Dieu. Tout un travail de libération intérieure est à faire sinon la décision d’être initié ne sera pas droite,

De l’accueil que nous réservons à celle ou celui qui frappe à la porte de l’Église jusqu’à l’appel décisif (et même après !), notre écoute doit être grande et notre discernement affiné.

• d’accueillir le pardon de Dieu qui sauve de l’orgueil personnel,

• de s’ajuster au Seigneur, sans vouloir en faire trop. La culpabilité alimente bien des peurs (peur de ne pas être à la hauteur, de savoir dire non…) qui dispersent et évitent de ne pas être là où Dieu m’attend.

Discernement moral et discernement spirituel

« Suivre le Christ est le fondement essentiel et original de la morale chrétienne : comme le peuple d’Israël suivant Dieu qui le conduisait dans le désert vers la terre promise, de même le disciple doit suivre Jésus vers lequel le Père lui-même l’attire. » (Veritatis Splendor, n.19)

Discernement moral – c’est-à-dire celui de nos actes – et discernement spirituel ne sont pas séparables, même si le discernement spirituel présente une originalité. Lorsqu’on se pose la question : « que dois-je faire pour me conformer à ce que l’Esprit de Dieu me pousse à vivre et à devenir ? », vie morale et vie spirituelle

sont articulées. Quand des difficultés surgissent, quand toutes nos évidences s’effritent et que nous ne savons plus que penser et que faire, il importe alors de mettre au jour le sens de sa conduite et de vérifier qu’elle est humanisante. La foi est impliquée dans nos jugements moraux. La vie morale est un acte de foi vécu.

Le discernement spirituel

Il consiste à repérer le jeu des esprits en nous et à percevoir leur impact dans le quotidien de nos jours. L’Esprit du Christ pousse vers plus de vie, plus de joie ou de paix tandis que l’autre esprit, celui de « l’ennemi de la nature humaine » le contrecarre. En voulant suivre le Christ, nous allons être éprouvés par des vents favorables et défavorables qu’il faut distinguer. Placer le Christ dans sa vie invite à ne plus laisser de place au péché. C’est alors que les choses ne vont plus de soi. Notre propre histoire peut être entachée d’événements qui pèsent et font agir dans un sens différent, voire opposé.

Si la loi indique le bien et le mal, le permis et le défendu et qu’elle est un repère pour notre vie morale, le discernement spirituel ne consiste pas à choisir entre l’un et l’autre. Il est le moyen de choisir entre le bien et le mieux, ce qui rapproche davantage du Christ. Suivre le Christ est le fruit d’une rencontre. Et c’est en Lui que peuvent être mises l’espérance et l’attente du salut, salut que la pratique nécessaire d’une loi ne peut pas communiquer. Par le discernement spirituel, notre vie – dans ce qu’elle a de plus concret – devient de plus en plus réponse d’action de grâce à l’amour du Père manifesté en Jésus-Christ.

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