Le vitrail de la Samaritaine de la Cathédrale de Strasbourg

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Vitrail de la Samaritaine dans la Cathédrale de Strasbourg

Art & foi, Ecclesia n°25 : Baptisés pour la vie.

L’œuvre

Cette scène de la Samaritaine est un détail de l’une des cinq verrières du bas-côté sud de la cathédrale de Strasbourg. Exécutées à partir de 1328, sous l’impulsion de l’évêque Jean de Dirpheim, elles illustrent les épisodes de la vie de la Vierge et de l’enfance du Christ, la vie publique du Christ, sa passion, la vie glorieuse du Christ et enfin la représentation du jugement dernier.

Pour mieux voir

L’artiste présente la scène racontée par saint Jean, au chapitre 4. Nous pouvons voir deux parties; une foule compacte d’hommes devant un élément d’architecture qui ressemble à une tour et symbolise la ville de Sychar, sur la gauche, et la Samaritaine et Jésus, sur la droite. Ces deux groupes sont physiquement séparés par un arbre – un figuier – qui est au centre de l’image, au-dessous duquel nous voyons le puits où la femme est venue chercher de l’eau grâce à la cruche qu’elle tient dans sa main droite.

Regardons les personnages à gauche de l’image: que font-ils et que se disent-ils? Quelles sont leurs attitudes? Jugent-ils un échange de paroles interdit? Accueillent-ils le Messie venu les visiter?

Et maintenant, regardons la Samaritaine et Jésus: quel est leur rapport l’un à l’autre? Par quoi sont-ils liés?

Expression de foi

L’artiste du Moyen Âge nous donne à contempler cet échange admirable entre la femme et Jésus. « Les Juifs […] n’ont pas de relations avec les Samaritains » (Jn 4, 9) car ce peuple était considéré comme impur et hérétique. Cependant, Jésus, s’arrête là, au bord de ce puits, assoiffé, et n’hésite pas à engager la conversation avec une femme de Samarie. « Comment! toi qui es Juif, tu me demandes à boire à moi, qui suis une femme Samaritaine ?» (Jn 4, 9) Mais de quoi est-il assoiffé ?

De la rencontre avec l’humanité du Christ, un homme fatigué par la marche, la Samaritaine va découvrir sa divinité. En puisant de l’eau pour Jésus, c’est à la source de l’amour qu’elle va puiser. Ce puits est ainsi représenté directement relié à Jésus; l’assoiffé est celui-là même qui peut combler une soif combien plus profonde présente dans le cœur de cette femme. « Seigneur, donne-moi de cette eau afin que je n’aie plus soif» (Jn 4, 15). Seule la source de l’Amour peut désaltérer une soif d’amour. «Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu » (Ps 42, 2).

Cette scène de la Samaritaine nous montre Jésus, mendiant de notre amour; livrons-nous à Lui sans réserve et buvons à la source de la Vie éternelle !

Thomas Fiscus

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