Art et foi : regard sur l’histoire du Salut à partir des visions d’Hildegarde de Bingen

Page du Liber Scivias codex d'Hildegarde de Bingen (1511).

Page du Liber Scivias codex d’Hildegarde de Bingen (1511).

Art & foi, Ecclesia n°23 Au fil de l’année liturgique

Des cieux nouveaux et une terre nouvelle, une enluminure à contempler dans Liver Scivias Codex d’Hildegarde de Bingen, sainte visionnaire du Moyen-Âge et docteur de l’Eglise.

L’œuvre

Cette miniature provient du Liber Scivias Codex : « Sache quelles sont les voies du Seigneur », d’Hildegarde de Bingen que le pape Benoit XVI a proclamée docteur de l’Eglise le 7 octobre 2012. Elle rassemble vingt-six visions de la sainte, autour du leitmotiv du chemin de vie, de la voie (via) que Dieu destine à l’homme, inspiré de l’histoire du Salut, depuis le livre de la Genèse jusqu’au livre de l’Apocalypse.

Son œuvre comprend le grand triptyque visionnaire du Scivias publié en 1151, Le livre des mérites de la vie datant de 1163, Le livre des œuvres divines publié en 1174.

Miniature du Liber Scivias codex d'Hildegarde de Bingen (1511).

Miniature du Liber Scivias codex d’Hildegarde de Bingen (1511).

Pour mieux voir

Observer les différents cercles et couleurs : que constatons-nous ?

Qu’y-a-t-il comme éléments matériels dans cette miniature ?

Identifier les personnages et leurs attributs.

A quels livres ou passages bibliques font allusion ces représentations ?

Expressions de foi

Cette miniature représente l’harmonie parfaite après le jugement final. Dans le premier cercle, le feu, l’eau, la terre, l’air brillent dans une clarté parfaite. On peut y voir une image de la création. Le noir qui couvre les tableaux précédents a disparu. « Les étoiles brillent, à leur poste, joyeuses […], elles brillent avec joie pour leur Créateur. » (Bar 3,34) Il fait jour, il n’y a plus de distinction entre la nuit et le jour. « De nuit, il n’y en aura plus, car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière ». C’est ainsi que le voyant de l’Apocalypse brosse le tableau de la Jérusalem céleste (Ap 22,5).

Au-dessus apparaissent, dans un deuxième cercle, toutes les sortes de « fleurs du Fils de Dieu », selon la manière d’Hildegarde de nommer les saints : prophètes et patriarches, apôtres, martyrs, confesseurs, vierges et veuves, qui ont cherché à imiter le Fils de Dieu dans la foi, ainsi que ceux qui, dans l’Eglise, ont exercé le service de l’autorité. Leurs louanges visent le Dieu Trinité qui trône au-dessus de tout dans le troisième cercle : le Père, le Fils : Agneau immolé, et le Saint-Esprit représenté par la colombe. Comme dans les iconostases orientales, la Vierge Marie et saint Jean Baptiste se trouvent à gauche et à droite.

Les différentes voies de l’homme et de la création convergent toutes vers le sein de la Trinité.

La ville peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau.

– Ap 21,23

Marlene Scheuerer, SNCC

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