Premier dimanche de carême « Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau »
Suivant le Credo, nous nous rappelons la passion du Christ. La croix suscite l’effroi. Le crucifix de Giotto, qui accompagne notre méditation, laisse voir toutes les souffrances de Jésus. Mais le chemin de la résurrection passe par l’abaissement de la croix. Le pape François, dans la première homélie qu’il prononce en tant que pape le 14 mars 2013, nous incite à avoir le courage de ne pas écarter la croix car, dit-il, quand nous marchons sans la Croix, quand nous édifions sans la Croix et quand nous confessons un Christ sans Croix, nous ne sommes pas disciples du Seigneur : nous sommes mondains …
N’oublions pas non plus la mise au tombeau. C’est le temps de silence du samedi saint. Le Symbole des apôtres ajoute que le Christ est descendu aux Enfers. Jésus connait la mort comme tous les hommes. Dans le séjour des morts, il porte l’annonce du salut à tous les hommes, de tous les temps (1 P 4, 6).

Crucifix de santa Maria Novella à Florence, 1288-89, Giotto di Bondonne, (1266/67 – 1337)
Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu (1 Co 1, 18).
La croix du Christ nous révèle la nature véritable de l’amour de Dieu et cette découverte change la vie de ceux qui reçoivent cette révélation. Elle suscite dans les cœurs la gratitude et l’amour.
Contemplons le Christ souffrant de Giotto.
Dans l’épreuve de la croix parvenons-nous déjà à deviner la victoire de l’amour sur la mort ?
Prions avec Jésus qui a dit ce psaume (21 [22]), sans doute dans sa totalité, sur la croix : cri de douleur et d’angoisse mais aussi cri de joie et louange du Seigneur.
R/ Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ? (Ps 21, 2a)
Tous ceux qui me voient me bafouent ;
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »
Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure ;
Ils me percent les mains et les pieds,
je peux compter tous mes os.
Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !
Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.