Vivre de l’alliance avec Dieu

« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. » (Dt 5, 6-21)

Cet article est paru dans la revue Initiales n°263 : Choisis la vie !

Dans les textes de l’Ancien Testament, Dieu ne cesse de parler à des hommes, des femmes, des enfants, des rois, des prophètes, etc. Et parmi toutes les paroles et les échanges que nous partagent les récits bibliques, dix paroles ont été gravées sur la pierre. Deux « tables de pierre » données, puis brisées, puis réécrites…

Ces « dix commandements » qu’elles arborent sont les termes du contrat d’alliance entre Dieu et les fils d’Israël, un bien qui sera précieusement conservé dans la fameuse « arche d’alliance ».

Dieu choisit de libérer le peuple

Rappelons le contexte qui précède tout cela : le peuple hébreu a pris racine en terre d’Égypte. Ce pays qui avait accueilli à bras ouverts la famille de Joseph est devenu un lieu d’esclavage pour tous les descendants du patriarche. C’est un peuple opprimé et réduit en esclavage. Et le livre de l’Exode raconte que Dieu s’est souvenu de l’alliance passée avec Abraham : Dieu fait le choix de libérer son peuple. Pour le peuple, le plus dur commence une fois sorti du pays de la servitude. C’était finalement confortable de ne pas avoir à choisir, de se laisser guider et d’obéir. L’esclave est celui qui doit faire ; il n’a pas le choix ; il n’expérimente pas cette liberté du possible.

La liberté s’apprend. Elle demande confiance, discernement, patience, espérance, responsabilité, mais aussi engagement et fidélité dans ses choix. Dieu n’a pas libéré son peuple pour l’enchaîner dans un nouvel esclavage avec d’autres tâches à accomplir, mais il donne à Moïse dix paroles à transmettre à l’ensemble du peuple. Elles ne sont pas de nouvelles chaînes, mais à la fois un bâton sur lequel s’appuyer sur le chemin de l’Alliance, et une boussole pour ne pas s’égarer de cette route.

Le peuple hébreu est appelé à choisir Dieu

Ces « dix paroles », appelées plus tard « Décalogue » (translittération de l’expression grecque), sont érigées comme des limites à ne pas franchir avec leur formulation négative.

Choix et liberté sont parfois mis en opposition, pourtant, choisir c’est bien faire preuve de liberté. Ainsi, ce que Dieu propose à son peuple, ce n’est pas un règlement intérieur, mais un projet de vie, à la fois pour un peuple et pour chaque individu de celui-ci. Un cadeau pour vivre dans l’Alliance, de cette Alliance. La suite des livres bibliques nous montre combien son assimilation concrète est difficile. C’est un chemin. Le Décalogue est un appel à la responsabilité de chacun pour que cette alliance soit vivante et heureuse. Toutes ces paroles appellent à des choix respectueux, d’abord envers Dieu, en choisissant la fidélité, en respectant ce qu’il est (en ne cherchant pas à le figer dans une représentation matérielle) et en respectant son nom (qui symbolise tout son être dans la pensée sémitique) ; mais également des choix respectueux dans les relations humaines, comme choisir de respecter la dimension familiale, la vie, les liens qui unissent un couple, la dignité de chacun, les biens d’autrui, etc.

Entre ces deux types de relations, verticale et horizontale, se trouve une parole qui fait le lien, au sujet du respect d’un temps de repos. Elle concerne aussi bien la relation avec Dieu (pour lui rendre un culte), que celle que l’on entretient avec les hommes et toute la Création. Ce repos est pour Dieu, pour soi, pour tous.

Faire un choix qui engage dans la durée, pas facile !

Cet apprivoisement entre Dieu et son peuple a pris 40 années, le temps biblique de la maturation. Pour recevoir ces paroles, Moïse aussi fait un travail de préparation, de 40 jours et 40 nuits (Ex 34, 27-30). Il redescendra avec les deux tables, mais les brisera en voyant que les premières paroles qu’elles contiennent (fidélité en Dieu et rejet de toute forme d’idolâtrie) sont déjà bafouées et transgressées : c’est l’épisode du veau d’or (Ex 32, 1-29). Mais la beauté de l’Alliance, c’est la grande et inépuisable miséricorde de Dieu.

Ainsi, « faire un choix » est un premier pas qui n’est pas toujours évident, mais vivre totalement ce choix au quotidien et dans toutes ses dimensions, voilà le grand défi ! Les récits bibliques montrent combien ce chemin est long et difficile, jalonné d’expériences diverses.

Aujourd’hui, tenir et assumer un choix est tout aussi complexe. Pourtant, le moindre de nos gestes est un choix, comme celui de se lever le matin ou de rester allonger. Mais à côté de ces petits choix du quotidien, il y a ceux qui participent à un projet de vie. Et le temps de la jeunesse est un « temps de rêves et de choix »1. C’est la grande période de tous les choix qui engagent, « c’est précisément en cela que réside sa fascination et sa tâche la plus grande »2.

Elodie Verdun-Sommerhalter, Service de formation, diocèse de Strasbourg

1. Pape François, Christus vivit n°136.
2. Pape François, Christus vivit n°140.

Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.

Tu n’auras pas d’autres dieux que moi.

Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images pour leur rendre un culte.

Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal.

Observe le jour du sabbat, en le sanctifiant, selon l’ordre du Seigneur ton Dieu. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Ainsi, comme toi-même, ton serviteur et ta servante se reposeront. Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu. C’est pourquoi le Seigneur ton Dieu t’a ordonné de célébrer le jour du sabbat.

Honore ton père et ta mère, comme te l’a ordonné le Seigneur ton Dieu.

Tu ne commettras pas de meurtre.

Tu ne commettras pas d’adultère.

Tu ne commettras pas de vol.

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, tu ne désireras ni sa maison ni son champ, ni son serviteur ni sa servante, ni son bœuf ou son âne : rien de ce qui lui appartient.

Dt 5, 6-21

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