Pourquoi l’Eglise dit-elle que Marie est toujours vierge ?

Question des lecteurs, L’Oasis n°18 : Le Seigneur est avec vous

« Pourquoi l’Eglise dit-elle que Marie est toujours vierge alors qu’elle a donné naissance à un enfant ? », voici une question à laquelle Noémie, catéchiste a des difficultés à répondre.

C’est Monseigneur François Kalist, archevêque de Clermont, qui lui propose une explication de cette affirmation de la foi.

Le peuple de Dieu proclame sa foi par des « symboles », qui permettent aux chrétiens de se reconnaître, dans une parole qu’ils reçoivent d’une tradition enracinée dans les évangiles. Le symbole des Apôtres exprime la foi en Jésus Christ « conçu du Saint-Esprit », « né de la Vierge Marie ». Le symbole de Nicée-Constantinople affirme que « par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie ».

Lorsque l’Église dit que Jésus est né d’une vierge, elle ne se situe pas dans l’ordre biologique, mais elle exprime une vérité de foi : dans l’histoire singulière de Marie est arrivé quelque chose d’absolument unique. Marie a reçu de Dieu une grâce exceptionnelle pour être vraiment la mère de Jésus, pleinement homme (son propre fils, né de sa chair) et pleinement Dieu (conçu de l’Esprit Saint « qui donne la vie » sans intervention d’un père humain). Ce que l’Église croit de Marie est indissociable de ce qu’elle croit de Jésus-Christ.

Progressivement, l’Église approfondit le contenu de ce qu’elle croit. Elle affirme (dès le VIe siècle) que Marie est « toujours » vierge, c’est-à-dire que sa virginité n’est pas abolie par sa maternité. Le concile Vatican II reprend, cela quand il affirme que la naissance de son Fils n’a pas altéré, mais consacré son « intégrité virginale » (LG 57).

Sans doute l’Église a-t-elle voulu voir en Marie la réalisation d’une sorte de « perfection » chrétienne. Marie « toujours » vierge se comprend à la lumière de son immaculée conception : elle est, par grâce, préservée de toutes les conséquences du « premier péché ». Et dans la perspective de son assomption : elle est, par grâce, élevée dans la gloire de son Fils ressuscité.

Bien que certaines expressions nous semblent difficiles, nous apparaît ainsi la grande cohérence des différentes affirmations de la foi.

Monseigneur François Kalist, archevêque de Clermont

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