Rencontrer Jésus quand on vient d’Asie : la découverte d’un Dieu personnel et créateur

Appel décisif signatureLe témoignage de Ny, baptisée à Pâques 2018, nous interpelle et nous émerveille. Issue d’Asie du Sud-Est, elle découvre en France le Dieu des chrétiens, un Dieu personnel et créateur, un Dieu que l’on rencontre personnellement dans la prière, dans les sacrements.

Son témoignage nous introduit à plusieurs thématiques – la prise en compte des traditions culturelles et religieuses d’origine, le culte des ancêtres… – qui seront abordées lors de la session de formation « Migrants catéchumènes – Accueillir, accompagner, discerner et intégrer au sein de l’Eglise-famille » du 24 mai 2018.

Je suis cambodgienne et ma famille pratique le bouddhisme theravada qui est loin du bouddhisme connu en France, qui est conçu comme une philosophie, une sagesse de méditation. Nous vénérons différentes divinités par des offrandes et prions souvent nos ancêtres. Dieu était pour moi quelque chose de flou, je pensais que les hommes avaient créés un Dieu car ils avaient juste le besoin de croire en quelque chose. En même temps, dans mon for intérieur, je me disais qu’il y avait forcément quelqu’un ou quelque chose qui nous a créés… J’ai passé toutes ces années sans approfondir mes réflexions.

L’épreuve du deuil

Quand mon arrière-grand-mère est décédée, ma soeur a commencé à se questionner sur la vie après la mort, sur Dieu. Elle s’est orientée vers un yogi qui lui enseigne le yoga pour atteindre Dieu. Moi, je me suis dirigée vers la religion catholique pour voir ce qu’elle pouvait m’apporter. J’avais cependant beaucoup de préjugés car j’avais dans ma vie rencontré quelques catholiques pratiquants qui ne renvoyaient pas une bonne image, ils ne prônaient malheureusement pas l’amour du prochain et ne m’avaient jamais parlé de Jésus.

Dieu a toujours été présent dans ma vie

J’ai commencé le parcours Alpha, une association qui propose de découvrir la foi chrétienne autour d’un repas et des échanges libres sur le sens de la vie humaine. Très curieuse je m’interrogeais sur ce que j’apprenais pendant les exposés. Quand nous avons abordé le thème « Comment Dieu nous guide-t-il ? », j’ai réalisé que Dieu a toujours été présent dans ma vie. A l’époque je le surnommais « ma bonne étoile ». Cette découverte m’a coûté une nuit blanche ! J’étais excitée comme une puce de voir que pendant tout ce temps il était là, mais que je n’avais jamais fait attention aux signes de sa présence.

Croire que Jésus est Dieu

Croire que Dieu existe est une chose et croire que Jésus est Dieu en est une autre. Cet homme crucifié que je voyais dans les églises, je ne le connaissais pas. Je ne savais même pas pourquoi on l’avait crucifié et ce qu’il avait fait. Lors d’une soirée Alpha, j’ai ouvert la porte à un inconnu. Pendant une prière (c’était, je crois, la première fois que je priais), j’ai fermé mes yeux et j’ai dit à Jésus : « Je ne te connais pas, mais j’ouvre grand la porte de mon coeur, viens, je veux te rencontrer ».

Comment Jésus a-t-il pu pardonner sur la croix ?

J’ai donc commencé à lire les évangiles et là, de suite, quelque chose m’interpellait. Je ne comprenais pas pourquoi et comment cet homme avait pardonné à ses bourreaux sur cette croix. Comment pouvait-il pardonner après tout ce qu’il avait subi ? Moi, si l’on me fait du tort, j’ai beaucoup de mal à pardonner alors que lui a été torturé à mort. Aucun homme ne peut pardonner comme lui l’a fait. Comment pouvait-il encore nous aimer ? Qui est donc cet homme si ce n’est Dieu lui-même ?

Je me suis retrouvée à terre

C’est donc là que j’ai compris que cet homme, Jésus, est Dieu. Quand j’ai réalisé cela, je me suis retrouvée à terre, frappée, renversée comme les apôtres Pierre, Jacques et Jean lors de la transfiguration du Christ. La lumière et la vérité qui sortaient de la Bible m’éblouissaient. Personne ne m’a parlé avec autant de vérité et d’amour. Moi qui étais si insensible j’ai commencé à ressentir des émotions pendant la messe pour cet homme crucifié, et les larmes ont coulé et ne cessent encore jusqu’à présent de couler. Tout au long de ma vie j’avais construit une forteresse, un rempart autour de mon coeur, car, pour survivre dans ce monde, il valait mieux être fort qu’être faible.

Entrer dans l’abandon, accueillir l’amour

J’ai dû faire un travail de lâcher prise. Cela ne s’est pas fait en un jour car je voulais avoir des réponses à tout. Au début, j’ai dû faire l’effort d’aller à la messe, à l’adoration, mais j’ai compris que j’étais née pour rencontrer Jésus et l’adorer. Pendant des années, j’avais ignoré la Bible. J’avais donc ignoré que Dieu m’aime. La preuve qu’il m’aime, c’est qu’il est mort pour moi sur la croix pour la rémission de mes péchés. C’est aussi qu’il est toujours prêt à me pardonner dans le sacrement de la réconciliation et qu’il se fait si petit à la messe dans ce petit bout de pain pour que je puisse moi aussi avoir part à sa divinité. Je peux voir le plus beau coucher de soleil, la plus belle plage au monde, mais la plus belle chose pour moi c’est de voir tous ces hommes qui font la queue et qui attendent de recevoir la communion. Chaque eucharistie m’émeut car Dieu est présent et me fait le don de son amour gratuitement.

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