La sainteté dans le nouveau Directoire pour la catéchèse, « une parole décisive »

Saint Turibe de Mogrovejo.

Saint Turibe de Mogrovejo.

Dès les premières pages du Directoire pour la catéchèse paru en 2020, la sainteté est affirmée comme le projet de Dieu pour l’humanité sauvée et divinisée. Il nous destine à vivre en communion avec lui dans une relation filiale renouvelée par Jésus Christ. Dans sa bonté et sa sagesse, Il « nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ » (Ep 1, 4-5 cité au n°11).

La sainteté est présentée comme un « programme de vie que même les catéchistes sont appelés à suivre avec constance et fidélité. Sur ce chemin exigeant, ils ne sont pas seuls. » Ils sont en effet précédés par Jésus Christ, animés par l’Esprit Saint, en communion avec de saints catéchistes dont le « témoignage est fécond et permet aujourd’hui encore de penser que chacun de nous peut également poursuivre cette aventure et se consacrer avec dévouement et silencieusement, à la tâche ardue et parfois ingrate qui est celle du catéchiste. » (Présentation page 20)

Le nouveau Directoire pour la catéchèse a été placé sous la protection d’un de ces saints catéchistes. Il s’agit de saint Turibe de Mogrovejo (1538-1606), fêté le 23 mars, jour de l’approbation du nouveau Directoire.

Ce saint catéchiste, « peut-être assez peu connu, a pourtant donné une forte impulsion à l’évangélisation et à la catéchèse. Né à Majorque, Il fut consacré évêque et envoyé par le pape Grégoire XIII à Lima, au Pérou. Il comprit son ministère épiscopal comme celui d’un évangélisateur et d’un catéchiste. En écho à Tertullien, il aimait répéter : « Le Christ est une vérité non conventionnelle. » Il le redira surtout face aux conquistadors qui opprimaient les Indiens au nom d’une supériorité culturelle et aux prêtres qui n’avaient pas le courage de défendre le sort des plus pauvres. Missionnaire infatigable, il parcourait les territoires de son Église, à la recherche avant tout des indigènes pour leur annoncer la Parole de Dieu dans un langage simple et facilement accessible. Au cours de ses vingt-cinq années d’épiscopat, il organisa des synodes diocésains et provinciaux, il se fit catéchiste et produisit en langue espagnole, en quechua et aymara, les premiers catéchismes pour les indigènes d’Amérique du Sud. Son œuvre d’évangélisation porta des fruits inattendus avec la venue à la foi de milliers d’indigènes qui rencontrèrent le Christ dans la charité de l’évêque. C’est lui qui donna le sacrement de la confirmation à deux saints de cette Église : Martin de Porrès et Rose de Lima. » (Directoire page 18)

Confions notre mission à l’intercession de ce saint évêque et catéchète qui s’est attaché à adapter le message de l’évangile aux personnes, aux lieux et aux circonstances comme y invite aujourd’hui le Directoire.

Et laissons-nous encourager par les mots du pape François dans La Joie et l’allégresse, cité dans le Directoire (page 19), pour nous rappeler que nous sommes appelés à une sainteté ordinaire, quotidienne, qui ne fait pas de bruit : « L’Esprit Saint répand la sainteté partout, dans le saint peuple fidèle de Dieu. […] J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. C’est cela, souvent, la sainteté “de la porte d’à côté”, de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu. […] Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels. » (GE 6,7.14)

L’annonce de l’évangile nous plonge dans ce paradoxe de s’efforcer d’être un saint ordinaire « pour répondre à la très haute vocation à la sainteté ». C’est le Christ lui-même qui nous l’enseigne dans les Béatitudes que nous entendons chaque année à la Toussaint.

« La catéchèse a pour mission de faire résonner, dans le cœur de chaque chrétien, l’appel à vivre une vie nouvelle conformément à la dignité des enfants de Dieu reçue dans le baptême, et à la vie du Ressuscité communiquée par les sacrements. Cette tâche consiste à montrer qu’à la très haute vocation à la sainteté (cf. LG 40) correspond la réponse d’un mode de vie filial, capable de ramener chaque situation sur la voie de la vérité et du bonheur qu’est le Christ. En ce sens, la catéchèse éduque à suivre le Seigneur, selon les dispositions décrites dans les Béatitudes (Mt 5, 1-12), qui manifestent sa propre vie. « Jésus a expliqué avec grande simplicité ce que veut dire être saint, et il l’a fait quand il nous a enseigné les Béatitudes (cf. Mt 5, 3-12 ; Lc 6, 20-23). Elles sont comme la carte d’identité du chrétien » ». (Directoire n°83)

Bonne fête de la Toussaint dans l’ordinaire de nos vies en bonne compagnie de tous les saints !

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