La révélation divine en catéchèse et catéchuménat

Un peu de théologie, L’Oasis n°19 : Parle Seigneur !

Par sa parole, Dieu se révèle et invite à une réponse de foi.

L’originalité de la révélation biblique

Depuis que l’homme est homme, il a cherché à comprendre le monde qui l’entourait, il a essayé de comprendre ce qui était au-delà des apparences. L’homme est parti du monde visible qu’il pouvait explorer, analyser, pour tenter de remonter vers l’origine, la source.

L’originalité de la Bible, c’est de nous présenter un autre mouvement. Non pas celui de l’homme qui tente de comprendre le divin, la source, en partant de ce qu’il observe ; mais l’initiative de Dieu, de Celui qui est l’origine et la fin de toute chose qui vient vers l’homme, gratuitement, pour entrer en dialogue avec lui.

La révélation c’est ce mouvement de Dieu qui se dévoile, qui lève le voile sur lui-même, qui se fait connaître pour entrer en communion avec l’homme. Par la révélation, Dieu entre en dialogue avec l’homme, se communique à lui.

Pour se révéler, Dieu va alors passer par un langage, notre langage. Comme humain, nous communiquons de manière habituelle par des mots, par des paroles mais aussi par des signes. A travers les siècles, Dieu va progressivement, par l’alliance avec Noé, celle avec Abraham, éclairer l’homme en parlant. Il va inspirer les prophètes qui parleront en son nom.

Mais Dieu va aussi parler par des signes, des actions. Paroles et signes vont ainsi s’enrichir et plaider pour la crédibilité du Dieu de la Bible. Les signes de Dieu donneront force à ses paroles et les paroles éclaireront les signes. Plus encore par le jeu des annonces prophétiques et de leur accomplissement, se tissera peu à peu, dans l’Histoire, la confiance entre le Dieu de la Bible et son peuple, tout comme la confiance se tisse peu à peu entre deux personnes. Dieu annonce ce qu’il va faire et l’accomplit. L’homme peut lui donner sa confiance et faire alliance avec lui.

Jésus, plénitude de la révélation

Cette révélation est un mouvement qui traverse l’histoire biblique et trouve son plein accomplissement, sa pleine lumière dans la personne de Jésus. « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu’il a établi héritier de tout » (He 1, 1). La personne de Jésus est la plénitude de la révélation. Jésus, d’une part, accomplit les Ecritures, comme il le précisera aux pèlerins d’Emmaüs : « Et commençant par Moïse et par les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24, 27). Mais de plus, par la cohérence entre ses paroles et ses actes, Jésus est la plénitude de la révélation. Il lève le voile sur la plénitude de la vérité et la bonté de Dieu. Par sa relation au Père et à l’Esprit Saint, tout au long de sa vie publique, il nous manifeste le cœur du mystère de la vie divine. Jésus témoigne de la vérité, il proclame la bonne nouvelle qui révèle la volonté du Père et son projet de réconciliation avec l’humanité. Il nous donne accès au salut.

La plénitude de la révélation en Jésus-Christ va être transmise à travers le temps dès la mort et la résurrection de Jésus par la Tradition, la vie de l’Église, et l’Écriture qui « ne forment pour ainsi dire qu’un tout et tendent à une même fin1 ». Cette révélation est conservée et interprétée dans l’Église, en particulier par ceux qui ont le charisme de conduire et d’éclairer la communauté. C’est pour ainsi dire la traçabilité de la foi

La réponse à la révélation par la vie de foi dans l’Église

La vie chrétienne, la vie de disciple-missionnaire, est une réponse à la révélation. Recevant l’annonce de la Bonne Nouvelle, chaque homme est appelé à répondre par la foi en adhérant à la personne de Jésus qui révèle ; ainsi qu’à ce qu’il révèle du mystère de la foi (son contenu).

Aujourd’hui encore, le mystère de la révélation est le cœur de ce que nous avons à transmettre par la catéchèse à tous les âges de la vie. Elle est au cœur de la nouvelle évangélisation (DpC n°48) qui consiste à permettre la rencontre de Jésus, à mettre en relation avec Jésus. Elle demande aussi de mettre en lumière la crédibilité du Dieu révélé par Jésus. Toute la catéchèse vise à éclairer le processus de la révélation qui est présent dans l’Écriture et que Jésus déploie sur la route d’Emmaüs. Elle vise également à éclairer le processus de la révélation présent dans la liturgie. Et elle vise à éclairer le processus de la révélation présent dans l’appel à la conversion et au changement de vie. En particulier par les œuvres de miséricorde mais aussi par la découverte de la vie fraternelle (DpC n°34).

Pour cela, la catéchèse doit refléter le cœur de la révélation qui est l’entrée en dialogue de Dieu avec l’humanité. La catéchèse est ainsi toujours « en sortie », c’est-à-dire ce dynamisme continuel par lequel les baptisés qui sont des disciples-missionnaires comme le rappelle Evangelii gaudium2 , sont appelés à révéler Jésus par leur propre vie, à conduire à Jésus par le témoignage de son amour pour les hommes et à produire les fruits de l’Esprit, particulièrement la joie, qui atteste que la rencontre de Jésus est authentique.
C’est ainsi que celui qui reçoit la révélation dans sa vie devient lui-même mystérieusement un « révélateur », un témoin et un missionnaire.

Monseigneur Vincent Jordy, Archevêque de Tours

1. Constitution dogmatique « Dei Verbum » du Concile Vatican II au n°9
2. Exhortation apostolique du pape François « La joie de l’Evangile » 2013

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