3ème dimanche de Pâques : un temps à vivre avec les disciples d’Emmaüs, pour les baptisés et les catéchumènes

Le Christ et les disciples à Emmaüs. D'après le Caravage, avant 1614 ou ca 1621. Exposé au Kunsthistorisches Museum, Vienne Inv Nr GG235.

Le Christ et les disciples à Emmaüs. D’après le Caravage, avant 1614 ou ca 1621. Exposé au Kunsthistorisches Museum, Vienne Inv Nr GG235.

Ce temps à vivre est une proposition simple à la portée de chacun, jeunes, adultes, catéchumènes, seuls ou confinés à plusieurs, pour le troisième dimanche du Temps pascal, un temps sur le chemin d’Emmaüs, autour de l’évangile du 3ème dimanche de Pâques, Luc 24, 13-35, qui sera célébré en confinement.

Ce temps nous invite à l’écoute de l’Esprit Saint et à l’écoute de la Parole de Dieu, nourriture des baptisés et chemin vers la prière et la charité.

Nous vous proposons de vous mettre en route avec les disciples, Cléophas et son ami, de Jérusalem vers Emmaüs. Nous y rencontrons Jésus ressuscité qui nous rejoint sur nos chemins de vie.

Pour se préparer

On peut prévoir de vivre ce moment autour du déjeuner familial puis un moment de sortie en famille, avec le respect des règles de confinement.

Dans la mesure du possible, on pourra imaginer un temps de célébration en quatre lieux, comme le déroulement de l’Évangile :

  • A l’entrée de la maison ou dans un espace autour de la maison, sur le seuil de l’appartement, …
  • Dans une pièce où l’on vivra le moment de la Parole ;
  • Autour de la table. On pourra prévoir de préparer en famille un pain azyme pour ce repas qui rappelle le repas pascal.
  • A l’extérieur de la maison ou de l’appartement (prévoir d’imprimer ou de pouvoir lire sur son téléphone les derniers versets de l’Évangile afin d’avoir le texte sur soi : Lc 24, 33-35).

Si on est plusieurs, on pourra se répartir les lectures.

Premier temps

On se rend à l’entrée de la maison, ou dans un espace choisi.

Avant de tracer le signe de la croix avec foi et beauté, dire :

« Voici deux disciples qui quittent Jérusalem pour retourner chez eux. Tristes et déçus ils attendaient tant de celui qu’ils avaient suivi. Pourtant, Jésus est bien ressuscité.

Debout, nous allons écouter ce qui se passe pour eux alors que Jésus vient les rejoindre.

Mais pour cela, nous allons tracer sur nous le signe de la croix pour entrer dans la prière et nous rappeler que nous sommes baptisés ou en route vers le baptême. »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, AMEN.

Nous chantons ALLELUIA pour écouter l’Evangile, la Bonne Nouvelle de Jésus

On écoute la conversation entre Jésus et les deux disciples :

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

On peut s’asseoir et on prend le temps de méditer (de noter ou d’échanger) sur ce que l’on vient d’entendre :

  • Quel est l’état d’esprit des deux disciples ?
  • Qu’est-ce qui vous étonne dans ce texte ?
  • Que dit, que fait Jésus ? Quelle est son attitude ? (on observe qu’il les rejoints sur le chemin, il est à l’écoute, il prend du temps avec eux)
  • Que racontent les disciples à Jésus, à son sujet ?
  • Qu’espéraient les disciples au sujet de Jésus ?
  • Qu’est-ce que les femmes ont rapporté ?

On poursuit la méditation :

« Nous nous savons que Jésus est ressuscité, qu’il a donné sa vie pour nous, qu’il est vivant. Mais le « savoir » n’est pas suffisant : il faut que notre cœur reçoive cette annonce incroyable et soit touché. Et parfois nous l’oublions. Et parfois aussi, nous avons peur de dire notre foi en Jésus. Aussi, nous prenons le temps de demander à Jésus qu’il fasse grandir son amour dans nos cœurs et nous demandons pardon pour nos manques d’amour, mais aussi nos manques de partage avec les autres ».

On marque un moment de silence intérieur. On peut dire :

« Seigneur prends pitié » (bis)

« O Christ prends pitié » (bis)

« Seigneur, prends pitié » (bis)

On se déplace ensuite dans la pièce pour le deuxième moment

Deuxième temps

On prend place dans un espace où aura été préparée une bougie. On l’allume.

On poursuit la lecture :

Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

On prend le temps d’échanger sur ce que l’on vient d’entendre.

On regarde Jésus qui raconte tout ce qui était annoncé à son sujet dans les Écritures (Jésus parle de l’Ancien Testament puisque le Nouveau n’est pas écrit).

  • Que fait Jésus ? Que dit Jésus ? Que raconte-t-il aux disciples ?
  • Quelle attitude cela provoque chez les disciples quand ils arrivent près du village ? Et pour moi ?

On peut également prendre le temps de dire merci à Jésus pour sa Bonne Nouvelle, et prendre le psaume 15 qui est prévu pour ce dimanche après la 1ère lecture du livre des Actes des Apôtres :

Dieu mon bonheur et ma joie (bis) (psaume 15)

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

A la fin de ce moment on peut se déplacer vers la table et prendre le repas.

Troisième temps

On propose de bénir le repas par un bénédicité comme le fit Jésus avec les disciples.

Voir n. 17 du livret de bénédicité « A la table des Écritures » :

« Sur la route d’Emmaüs, tu partages la parole et le pain et tu te révèles présent au milieu de tes amis. Bénis le repas que nous allons prendre. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen »

On continue à lire l’évangile

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »

Pendant le repas, on peut réfléchir (échanger) sur ce qu’on a entendu dans ce passage en s’aidant des questions :

  • Une fois à table, que fait Jésus ?
  • Qu’est-ce que cela produit chez les disciples ? (ils se remémorent le dernier repas de Jésus et de son geste ; ils le reconnaissent).

On insiste sur la joie des disciples, sur leur cœur brûlant.

Prendre conscience de ses joies actuelles et des joies que la foi provoque dans mon cœur :

  • Quelles sont mes joies actuelles ?

On peut terminer le repas avec un cantique de joie.

On quitte la table. On peut ensuite se rendre au premier lieu de temps de liturgie ou aller se promener, dans les règles du confinement pour vivre le 4ème temps (dernière partie de l’Evangile)

Quatrième temps

Dans l’espace choisi et au moment opportun, on écoute la fin de l’Evangile :

À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

Sur ce que l’on vient d’entendre :

  • Dans la joie d’avoir reconnu Jésus ressuscité, que font les disciples ?
  • En se rappelant l’ensemble du passage, qu’est ce qui a changé pour les disciples entre le début de la route et le retour à Jérusalem ?

Demandons à Dieu la grâce d’être aujourd’hui des témoins de Jésus ressuscité. Nous prions aux intentions qui nous habitent.

On peut dire :

« Seigneur je te rends grâce parce que tu nous rejoins toujours sur le chemin, dans mes chagrins, dans mes doutes, dans mes peurs. Tu me rejoins là où j’en suis et tu prends le temps de marcher avec moi.

Seigneur je te rends grâce parce que tu te fais Parole et Pain pour convertir mon cœur. Tu viens le rendre tout brûlant d’amour.

Seigneur je te rends grâce parce que tu fais de moi un disciple pour annoncer à tous la Bonne Nouvelle de ton amour, de ton salut. Aide-moi à marcher comme les pèlerins d’Emmaüs ».

On peut dire la prière du Notre Père et finir par un signe de la croix

La journée peut se terminer par un moment d’écriture ou de dessin afin de garder une trace du vécu de ce dimanche. Ce sera utile pour un temps de relecture.

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