Méditations de Carême : cheminer vers Pâques à l’école de saint Joseph, père aimant

« Dans la vie cachée de Nazareth, Jésus a appris à faire la volonté du Père à l’école de Joseph. » Lettre apostolique Patris Corde.

« Dans la vie cachée de Nazareth, Jésus a appris à faire la volonté du Père à l’école de Joseph. » Lettre apostolique Patris Corde.

Dans sa lettre apostolique Patris corde, le pape nous propose une belle et profonde méditation sur la figure de saint Joseph.

En ce temps de Carême, nous avons tant de choses à découvrir à l’école de saint Joseph, père attentif, père au courage créatif, père aimant, …

Voici une série de méditations hebdomadaires proposée par le SNCC, pour chaque dimanche de Carême. Ces méditations s’appuient sur la lecture d’extraits de Patris corde.

Une méditation chaque dimanche de Carême

Méditation du dimanche 21 février 2021, 1er dimanche de Carême.

L’humilité, avec saint Joseph

Dans son exhortation Gaudete et exsultate sur l’appel à la sainteté, le pape François parlait « des saints de la porte d’à côté » car, nous disait-il « l’Esprit Saint répand la sainteté partout, dans le saint peuple fidèle de Dieu » GE n°6. Cela avait touché bon nombre d’entre nous.

Et, pour moi, saint Joseph a toujours été celui qui aime et qui sert dans l’humilité. C’est donc avec beaucoup de joie que je reçois l’invitation du Pape à une année saint Joseph et que je vous partage quelques extrais de ce beau texte qu’il nous a donné « Patris corde » :

Saint Joseph Charpentier, huile sur toile, Georges de La Tour (1593–1652), Coll. Musée du Louvre.

Saint Joseph Charpentier, huile sur toile, Georges de La Tour (1593–1652), Coll. Musée du Louvre.

« Avec un cœur de père : C’est ainsi que Joseph a aimé Jésus, qui est appelé dans les quatre Évangiles « le fils de Joseph ».

Les deux évangélistes qui ont mis en relief sa figure, Matthieu et Luc, racontent peu, mais bien suffisamment pour le faire comprendre, quel genre de père il a été et quelle mission lui a confiée la Providence.

Nous savons qu’il était un humble charpentier (cf. Mt 13, 55), promis en mariage à Marie (cf. Mt 1, 18 ; Lc 1, 27) ; un « homme juste » (Mt 1, 19), toujours prêt à accomplir la volonté de Dieu manifestée dans sa Loi (cf. Lc 2, 22.27.39), et à travers quatre songes […]

Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés. Saint Joseph nous rappelle que tous ceux qui, apparemment, sont cachés ou en « deuxième ligne » jouent un rôle inégalé dans l’histoire du salut. À eux tous, une parole de reconnaissance et de gratitude est adressée. […]

La grandeur de saint Joseph consiste dans le fait qu’il a été l’époux de Marie et le père adoptif de Jésus. Comme tel, il « se mit au service de tout le dessin salvifique », comme l’affirme saint Jean Chrysostome. »

Saint Joseph est aimé et vénéré par beaucoup de gens, souvent simples. Ils lui font une grande confiance et lui confie leurs soucis et difficultés.

Et moi, qu’est-ce qui me touche dans la personne de saint Joseph ?

Nous sommes appelés à aimer. Comment saint Joseph peut-il me guider sur ce chemin de l’amour ?

« Celui qui a des oreilles qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises » nous dit l’Écriture. Comment saint Joseph nous guide-t-il dans ce travail d’écoute de ce que nous dit l’Esprit ?

Une prière à saint Joseph pour guider cette année, et ce Carême !

Pour accompagner ce temps de ferveur par l’intercession de saint Joseph, le Saint-Père a partagé une prière adressée à saint Joseph :

Salut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme.
O bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,
et défends-nous de tout mal. Amen.

Méditation du dimanche 28 février 2021, 2ème dimanche de Carême.

La tendresse, avec saint Joseph

Sans la tendresse l’amour ne serait rien ! « C’est un mouvement qui part du cœur et arrive aux yeux, aux oreilles, aux mains. » nous dit le pape François.

Quand j’entends ce mot « tendresse » des images de ma vie me viennent à l’esprit, ma grand-mère en fin de vie à qui je brosse les cheveux, un de mes fils prématuré que je berce blotti contre mes seins, la main de mon mari qui cherche la mienne, une aide-soignante qui me lave délicatement alors que je suis hospitalisée.

Je suis sûre que, fermant les yeux, vous aussi pourriez trouver au fond de vous des images pour habiter la tendresse, pour la faire vôtre. Il nous faut pour cela accepter d’être fragile, de devenir aussi fragile que la personne avec qui nous voulons être tendre. Accepter d’être désarmé, accepter de se dévoiler, de se mettre à nu. Dieu le premier se fait tendre avec nous, il se dévoile à Moïse comme un « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Exode 36, 6). Il se donne à nous par son fils Jésus qui se mettra à nu pour nous sauver de la mort. Il est à nos côtés pour chacun de nos pas incertains, mal assurés. Il nous invite à nous confier en lui sans peur, à laisser son souffle nous habiter, faire sa demeure en nous. C’est ainsi qu’aimés avec tendresse, nous serons tendres à notre tour, à l’image de saint Joseph que le pape François nous invite à contempler.

Saint Joseph, un père dans la tendresse

« Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint » (Ps 103, 13)

« Joseph a vu Jésus grandir jour après jour « en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2, 52). Tout comme le Seigneur avait fait avec Israël, « il lui a appris à marcher, en le tenant par la main : il était pour lui comme un père qui soulève un nourrisson tout contre sa joue, il se penchait vers lui pour lui donner à manger » (cf. Os 11, 3-4).

Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu : « Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint » (Ps 103, 13).

Joseph aura sûrement entendu retentir dans la synagogue, durant la prière des Psaumes, que le Dieu d’Israël est un Dieu de tendresse, qu’il est bon envers tous et que « sa tendresse est pour toutes ses œuvres » (Ps 145, 9).

L’histoire du salut s’accomplit en « espérant contre toute espérance » (Rm 4, 18), à travers nos faiblesses. Nous pensons trop souvent que Dieu ne s’appuie que sur notre côté bon et gagnant, alors qu’en réalité la plus grande partie de ses desseins se réalise à travers et en dépit de notre faiblesse […]

Si telle est la perspective de l’économie du salut, alors nous devons apprendre à accueillir notre faiblesse avec une profonde tendresse. […]

Seule la tendresse nous sauvera de l’œuvre de l’Accusateur (cf. Ap 12, 10). C’est pourquoi il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse. […]

La volonté de Dieu, son histoire, son projet, passent aussi à travers la préoccupation de Joseph. Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. Et il nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui regarde toujours plus loin. »

Patris corde 2

Ecoutez la chanson. Qu’est-ce qui qualifie la tendresse dans cette chanson, qu’est-ce qui est demandé à Dieu ?

Pendant cette semaine de Carême, laissons-nous habiter par la tendresse, dans nos gestes, nos regards nos prières.

Les Kids United Nouvelle Génération interprètent La Tendresse

Une prière à saint Joseph pour guider cette année, et ce Carême !

Pour accompagner ce temps de ferveur par l’intercession de saint Joseph, le Saint-Père a partagé une prière adressée à saint Joseph :

Salut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme.
O bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,
et défends-nous de tout mal. Amen.

Méditation du dimanche 7 mars 2021, 3ème dimanche de Carême.

L’obéissance, avec saint Joseph

Par la lettre apostolique Patris corde, le pape François veut nous donner saint Joseph, époux de Marie et père adoptif de Jésus, comme « soutien et guide dans les moments de difficultés ». Au paragraphe 3, il présente plus particulièrement Joseph comme un « père dans l’obéissance ».

Nous savons bien que l’obéissance est une vertu chrétienne. Mais celle-ci nous effraie parfois un peu. Nous craignons de renoncer à une part de notre liberté, à notre capacité d’initiative et de créativité. Pendant cette période de Carême, alors que nous vivons une période difficile et troublée, cherchons ensemble comment l’attitude d’obéissance de Joseph peut être un modèle pour nous.

Les évangélistes nous disent peu de choses de Joseph. Seuls Matthieu et Luc lui consacrent quelques lignes dans les récits de l’enfance de Jésus. L’Évangile de Luc ne mentionne que trois fois le nom de Joseph dans les deux premiers chapitres mais nous donne un premier élément en le décrivant comme un père soucieux, avec Marie, d’accomplir ce que prescrit la loi d’Israël : circoncire l’enfant et lui donner un nom, présenter l’enfant au Temple, aller chaque année à Jérusalem pour la Pâque…

Matthieu, lui, organise son récit autour de la personne de Joseph et rapporte à quatre reprises la même attitude de celui-ci : chaque fois que l’Ange du Seigneur lui est apparu en songe (Mt1, 20 ; 2, 13. 19. 22), Joseph « fit ce que l’Ange lui avait prescrit … » (Mt 1, 24). Matthieu ne nous donne aucun détail sur les pensées ou interrogations de Joseph. Les décisions qu’il a eu à prendre n’étaient pourtant pas faciles : reconnaitre la conception virginale de Marie, prendre Marie chez lui et donner à l’enfant le nom de Jésus, fuir en Égypte avec l’enfant et sa mère, rentrer sur la terre d’Israël et s’installer en Galilée. Matthieu ne nous donne aucun détail mais la brièveté du texte met en lumière la détermination de Joseph à obéir à l’Ange du Seigneur. Il décide et il agit quelles que soient les difficultés.

Le récit de Matthieu est marqué par les quatre songes de Joseph. Comme on en trouve de nombreux exemples dans l’Ancien Testament, l’Ange du Seigneur désigne Dieu lui-même. Et, comme le souligne le pape François, « dans la Bible, … les songes étaient considérés comme un des moyens par lesquels Dieu manifeste sa volonté ». Cela nous éclaire sur ce qu’est vraiment cette obéissance de Joseph.

Brinay – Église Saint-Aignan – Chœur – Peintures murales romanes (mur est – côté droit – registre inférieur) : Songe de Joseph.

C’est une attitude d’écoute de la Parole et de disponibilité totale au souffle de l’Esprit pour discerner comment faire la volonté de Dieu. C’est sans doute pour cette raison qu’on le nomme « juste ». Les textes de ce troisième dimanche de carême nous éclairent, d’ailleurs, tout particulièrement sur ce qu’est une relation juste avec Dieu et avec nos frères. Cette obéissance ne paralyse pas Joseph mais, au contraire, le conduit à faire ce qu’il faut pour protéger et faire grandir l’enfant Jésus.

Cette obéissance, dont Joseph nous montre l’exemple, ne doit donc pas nous faire peur. Elle donne la paix et la vraie liberté. N’est-elle pas l’attitude de disciple-missionnaire qui est la vocation de chaque baptisé ? Ne sommes-nous pas appelés à revenir sans cesse à la source de la Parole, nous laissant guider par l’Esprit, pour vivre notre mission d’une manière toujours renouvelée ?

Le pape François souhaite que saint Joseph soit aussi notre intercesseur. Prions-le avec ces quelques phrases d’une des nombreuses prières de la tradition chrétienne :

Saint Joseph, maître de la vie intérieure, apprends-nous à vivre au quotidien dans l’intimité de Jésus et de Marie et dans l’abandon confiant à l’amour de Dieu le Père. (La « Prière à Saint Joseph » du Cardinal Léon Joseph Suenens)

Une prière à saint Joseph pour guider cette année, et ce Carême !

Pour accompagner ce temps de ferveur par l’intercession de saint Joseph, le Saint-Père a partagé une prière adressée à saint Joseph :

Salut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme.
O bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,
et défends-nous de tout mal. Amen.

Méditation du dimanche 14 mars 2021, 4ème dimanche de Carême dimanche de Laetare.

L’accueil, avec saint Joseph

J’ai beaucoup aimé que le pape François, avec la lettre apostolique Patris corde, nous invite à méditer sur la figure de saint Joseph, « qui a aimé Jésus avec un cœur de père ». Après l’avoir contemplé dans la crèche, je continue à le contempler dans son quotidien avec Marie et Jésus. Ce quotidien qui n’a pas été de tout repos pour Joseph ! Le pape François nous montre comment Joseph se dispose à accueillir ce qui lui est donné à vivre. En cette période d’incertitude, de bouleversements, de contraintes que nous n’avons pas choisies, mettons-nous à l’école de Joseph, père qui accueille.

« Joseph, fils de David, ne crains pas » (Mt 1, 20)

« Joseph accueille Marie sans fixer de conditions préalables. Il se fie aux paroles de l’Ange. … Et, dans son doute sur la meilleure façon de procéder, Dieu l’aide à choisir en éclairant son jugement »…

Bien des fois, des évènements dont nous ne comprenons pas la signification surviennent dans notre vie… Joseph laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire… La vie spirituelle que Joseph nous montre n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille…

Dieu a dit à notre saint : « Joseph, fils de David, ne crains pas » (Mt 1, 20),… Il faut laisser de côté la colère et la déception, et faire place, sans aucune résignation mondaine mais avec une force pleine d’espérance, à ce que nous n’avons pas choisis et qui pourtant existe. …

La réalité, dans sa mystérieuse irréductibilité et complexité, est porteuse d’un sens de l’existence avec ses lumières et ses ombres. C’est ce qui fait dire à l’apôtre Paul : « Nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien » (Rm 8, 28). … Dans cette perspective globale, la foi donne un sens à tout évènement, heureux ou triste.

Loin de nous, alors, de penser que croire signifie trouver des solutions consolatrices faciles. La foi que nous a enseignée le Christ est, au contraire, celle que nous voyons en saint Joseph qui ne cherche pas de raccourcis mais qui affronte “les yeux ouverts” ce qui lui arrive en en assumant personnellement la responsabilité. »

Patris corde

Le temps du Carême est un temps qui nous est donné pour prendre soin de notre relation à Dieu notre Père ; pour nous mettre à l’écoute de l’Esprit Saint ; pour cheminer vers Pâques, avec Jésus. C’est une occasion de mettre la prière dans notre quotidien et ainsi ouvrir notre cœur à l’inattendu de Dieu, et nous rendre disponible pour accueillir la vie qui nous est donnée. Lors de l’audience générale du 10 février 2021, le pape François disait encore que c’est dans la prière, que « Jésus vient à notre rencontre aujourd’hui, cet aujourd’hui que nous vivons… et qu’Il n’existe pas de jour plus merveilleux que l’aujourd’hui de notre vie ».

Une prière à saint Joseph pour guider cette année, et ce Carême !

Pour accompagner ce temps de ferveur par l’intercession de saint Joseph, le Saint-Père a partagé une prière adressée à saint Joseph :

Salut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme.
O bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,
et défends-nous de tout mal. Amen.

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