Accompagner en catéchèse d’adultes

Les adultes en catéchèse sont accompagnés par des chrétiens que le Texte National pour l’orientation de la catéchèse en France appelle des « aînés dans la foi [1] « qui sont en même temps témoins et accompagnateurs. « Une vie de foi a aussi besoin de se nourrir de la connaissance de ceux qui témoignent aujourd’hui du Christ.

Rencontrer des frères ou des aînés dans la foi, avec leur grandeur et leurs limites, facilite une véritable entrée dans l’expérience chrétienne.[2] » Ces « aînés dans la foi » sont aussi des disciples en chemin qui ont vécu eux-mêmes des propositions catéchétiques, un cheminement de foi et une formation. Ils sont capables d’écouter et d’accompagner, ont d’abord le souci de respecter la liberté [3] et le cheminement des « catéchisés ». Ils portent en eux « le désir catéchétique » de faire découvrir la foi chrétienne et d’inviter à y adhérer. Mais ils savent qu’ils ne sont en rien maîtres de la conversion de leurs frères et sœurs, que l’Esprit les précède en ceux qu’ils rencontrent.

a) Accompagner, c’est marcher au pas de la personne, l’accueillir là où elle en est, l’aider à formuler ce qu’elle vit, ce qu’elle cherche et rester auprès d’elle dans ses difficultés, ses joies et ses peines. [4] Disposition de l’accompagnateur : Ecouter : prendre le temps d’écouter avec sérieux, bienveillance et intérêt les questions, les désirs, les doutes, les enthousiasmes des adultes sur eux-mêmes, sur la vie, l’Eglise, la foi chrétienne… Disposition de l’accompagnateur : Patienter : laisser à l’autre tout le temps dont il a besoin pour avancer. Laisser au Seigneur le temps d’accomplir son œuvre dans le cœur de la personne.

b) Accompagner, c’est s’intéresser à ce qui habite la personne, c’est être attentif à la présence du Christ déjà à l’œuvre en elle, c’est l’aider à prendre conscience de ce qu’elle est entrain de vivre et du chemin qu’elle fait. Disposition de l’accompagnateur : S’étonner : prendre le temps de s’étonner et de s’émerveiller des démarches des adultes aujourd’hui : celles des catéchumènes qui demandent le baptême, celles des couples qui sollicitent le sacrement du mariage, celles des parents qui désirent le baptême de leurs bébés ou la catéchèse pour leur enfant…Mais aussi s’étonner de la capacité de se donner le pardon, de prendre en compte le désir de paix, de prendre soin des plus petits… Cet étonnement est une attention au travail de l’Esprit déjà à l’œuvre chez l’autre.

c) Accompagner, c’est vivre de Jésus-Christ. C’est renvoyer à Jésus-Christ par sa façon d’être et sa parole. L’accompagnateur n’est pas centré sur lui-même. Il deviendrait alors « gourou » mettant son emprise sur le parcours de l’autre [5]. Ainsi le catéchisé est invité à devenir disciple de Jésus. [6]

Disposition de l’accompagnateur : Témoigner Se situer ensemble comme chercheurs de Dieu, même si la recherche ne se situe pas au même niveau ou n’est pas vécue de la même manière que pour le catéchisé.

Disposition de l’accompagnateur : Relier Cheminer avec d’autres, faire l’expérience d’une communauté chrétienne qui professe sa foi, célèbre, vit, prie.

d) Accompagner, c’est parler en vérité, dire ce qui va aider la personne, lui permettre de se tourner vers le Christ. Ecouter est indispensable mais non suffisant. Accompagner c’est dire la parole qui dénonce les impasses, les mensonges… celle qui encourage, qui conforte, qui appelle à la foi, à l’espérance et à l’amour, la parole de bénédiction.

Disposition de l’accompagnateur : Annoncer Oser dire explicitement les mots de la foi chrétienne. Risquer une parole où l’accompagnateur s’engage comme croyant.

e) Accompagner, c’est instaurer un va-et-vient entre les différents contenus de la foi de l’Église (Écriture, Tradition, Liturgie…) et les dynamismes vitaux, les défis de l’existence des personnes : leurs rêves, leurs projets, leurs ambitions, leurs rôles familiaux, sociaux, mais aussi leurs expériences de déception, de rupture et de souffrance. [7]

Disposition de l’accompagnateur : Dialoguer De même que la révélation biblique est dialogue entre Dieu et son peuple, l’accompagnement dans la foi prend aussi la forme d’un dialogue. Dialogue entre le Seigneur, dont la connaissance est donnée par les affirmations de la foi, et les personnes en recherche de Dieu. Disposition de l’accompagnateur : Questionner : prendre le temps de questionner les adultes sur leurs démarches, leurs attentes, sur la manière dont ils expriment leurs demandes à l’Eglise. Interroger aussi, avec ces adultes, les affirmations de la foi chrétienne, pour qu’ils y trouvent du sens dans leur vie présente. f) Accompagner, c’est accueillir la gratuité du don de Dieu [8] , c’est offrir gratuitement, pour le bien des personnes, la foi en Jésus-Christ. La communauté chrétienne en est renouvelée et reçoit ces nouveaux venus, comme autant de cadeaux, de dons de la part de son Seigneur. Entrer dans cette dynamique est un appel pour les communautés à se laisser convertir par la grâce de Dieu. Disposition de l’animateur : faire confiance : Être humble, lâcher prise.[9]

Disposition de l’accompagnateur : Rendre grâce Remercier Dieu pour ce qui est vécu, pour le chemin de chacun, pour le travail de l’Esprit.

 

 

1 « Dans l’Eglise, l’aîné dans la foi est frère en humanité de celui qui cherche ; faire une proposition catéchétique demande de se considérer soi-même comme un disciple en chemin à la suite du Christ » TNOC p. 48

2 TNOC p.52

3 TNOC p.46 sv.

4 « En ce domaine, la pratique du catéchuménat des adultes a beaucoup à apprendre à tous les catéchistes : le catéchiste est au service d’une démarche qu’il doit guider mais qui ne lui appartient pas. Sur le chemin, celui qui avance doit pouvoir partager ses joies, ses questions, ses doutes et même ses crises sans se sentir sous l’emprise de celui qui l’accompagne » TNOC p.49

5 « le rôle propre de la catéchèse est de montrer qui est Jésus-Christ, sa vie et son mystère, et de présenter la foi chrétienne comme marche à la suite de sa Personne 5 » DGCn°41

6 « Le Christ invite à marcher à sa suite. Croire n’est pas seulement adhérer intellectuellement à ce qu’il dit. C’est s’engager avec lui. » Les évêques de France, Catéchisme pour adultes, n°486

7 L’échange du Ressuscité avec les deux disciples voyageant vers Emmaüs (Luc 24) est comme une parabole de ce « va-et-vient ».

8 « La pédagogie d’initiation regarde toujours la personne avec le souhait actif de rendre possible chez elle une ouverture spirituelle au don gratuit de Dieu». TNOC,p.65

9 « Lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire. »[9] Luc 17,10

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